Lomé, Togo – Depuis quelques jours, les réseaux sociaux togolais sont en effervescence. Des vidéos intimes mettant en scène des figures populaires du web, telles qu’Achikan Goro et Pasteur Zomino, ont été largement diffusées, provoquant des vagues de réactions parmi les internautes.
Mais derrière ces vidéos choquantes, une question s’impose : quelle crise traverse cette jeunesse qui se met en scène avec des images de dépravation totale ?
Achikan Goro : deepfake ou réalité ?
Le 2 septembre 2025, une vidéo intime d’Achikan Goro, connu pour ses vidéos humoristiques sur TikTok, a été partagée massivement sur les réseaux sociaux. La vidéo, montrant des scènes intimes, a choqué de nombreux internautes.

Interrogé sur cet incident, Achikan Goro a affirmé : « Moi aussi, j’ai vu le montage. C’est la vie. » Il a insisté sur le fait qu’il s’agissait d’un deepfake destiné à nuire à sa réputation. Cependant, cette explication n’a pas convaincu tous les observateurs, certains estimant que la vidéo semblait authentique et non modifiée. La question demeure : s’agit-il d’une manipulation numérique ou d’une réalité malheureuse ? D’autres affirment avoir connaissance de contenus supplémentaires impliquant l’artiste dans des situations privées. Cette situation alimente le débat sur la responsabilité des créateurs de contenus et la protection de la vie privée à l’ère numérique.
Pasteur Zomino : une vidéo choquante
Simultanément, une vidéo de Pasteur Zomino, comédien populaire sur TikTok, a également fait le tour des réseaux sociaux. Dans cette vidéo, il était couché et son intimité était filmée par une fille qui, dans ses propos, a lancé : « Directe sur TikTok ». Si on explique ses propos.
Certains internautes ont estimé que cette vidéo manquait de respect à toutes ces personnes qui lui faisaient confiance, malgré que c’est son intimité à lui.

Il a réagi en s’excusant néanmoins en disant : « Bonjour tout le monde. J’imagine à quel point vous posez des questions sans réponse… à quel point vous vous sentez déçu venant de moi… et à quel point d’autres sont heureux. Il y a une vidéo de moi qui circule, et c’est une vidéo de l’année 2021 où j’étais allongé dans mon lit et on m’a filmé. Je n’ai pas voulu rendre justice car l’erreur est humaine », a posté le web-comédien Pasteur Zomino avant de présenter ses excuses à ses fans et à l’opinion publique. « Je tiens à m’excuser et à demander pardon à vous. Vous qui m’avez toujours soutenu et encouragé. Je suis brisé au fond de moi et j’ai eu à dire le mal, je compte sur vous pour me pardonner et me remonter le moral » fin de citation.
Une jeunesse en quête de reconnaissance
Ces incidents ne sont pas isolés. Ils s’inscrivent dans un phénomène plus large où de nombreux jeunes créateurs togolais cherchent à se faire un nom sur les réseaux sociaux. Dans un contexte où les opportunités professionnelles sont limitées, ces plateformes offrent une visibilité immédiate. Cependant, cette quête de reconnaissance peut parfois conduire à des dérives, comme le montrent les cas d’Achikan Goro et de Pasteur Zomino.
Vers une régulation nécessaire ?
Face à ces dérives, certains appellent à une régulation plus stricte des contenus diffusés sur les réseaux sociaux. Mais le Togo vit déjà depuis quelques mois une grande difficulté d’accès aux plateformes, car l’accès à la connexion est complexe. En réalité, il est urgent de promouvoir l’éducation numérique, de sensibiliser les jeunes aux risques liés à l’usage des réseaux sociaux et de les former à une utilisation éthique et responsable.
Derrière le divertissement, les influenceurs portent les stigmates d’une jeunesse en crise dans le monde entier :
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Vulnérabilité numérique
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Manque d’encadrement
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Poids social : chômage, marginalisation et addictions gagnent du terrain. Une étude récente souligne la hausse de la consommation de drogues chez les 15–25 ans au Togo.
Faut-il s’inquiéter ?
Oui, répondent de nombreux observateurs. Car derrière chaque vidéo qui amuse ou scandalise, se cache une jeunesse en quête de visibilité, de reconnaissance et de survie sociale.
Ce phénomène interpelle l’État, les éducateurs et la société civile. Il ne s’agit pas de censurer, mais de canaliser :
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Former les créateurs à l’éthique et à la sécurité numérique ;
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Offrir des opportunités concrètes hors du virtuel (emploi, entrepreneuriat, art) ;
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Valoriser et soutenir les voix positives pour contrebalancer les dérives.
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Il faut soutenir les vrais rôles modèles pour façonner de nouvelles mentalités
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mais aussi de prévoir des sanctions proportionnées en cas de récidive. Cela permet de responsabiliser ceux qui persistent dans des comportements nuisibles et de protéger la jeunesse et la société contre la diffusion de contenus préjudiciables.
Par Elisabeth APAMPA

