Kozah, région de Kara — Du 19 au 27 juillet 2025, les cœurs ont vibré au rythme des chants ancestraux, des pas martelés sur la terre rouge du Nord, et des luttes engagées dans la dignité. Evala, la plus emblématique des cérémonies initiatiques chez les Kabyè, a une fois encore transcendé les générations pour affirmer son rôle de ciment social et de pilier identitaire national.
Sur neuf jours, les cantons de Pya, Tcharè, Lassa, Soumdina, Yaka, Tchitchao, Kouméa, Lama, Djamdè et autres ont tour à tour résonné de l’énergie des jeunes Evalou, ces garçons de 18 à 20 ans qui, entre retraite spirituelle, jeûne, purification, scarifications, et combats, s’élèvent au rang d’hommes dans la société kabyè.
Un passage vers la maturité, chargé de symboles
Evala n’est pas qu’un combat. C’est une école de l’endurance, de la maîtrise de soi, de la résilience et du respect des anciens. Le jeune qui entre dans l’arène ne se bat pas seulement pour la victoire, mais pour affirmer sa bravoure devant ses pairs, son clan, et ses ancêtres. Même dans la défaite, c’est l’honneur qui prime. Chaque joute est un poème de courage offert à la mémoire collective.
Une mobilisation politique et sociale forte
Cette année, le Président de la République, Faure Essozimna Gnassingbé, a marqué l’édition 2025 par une présence quasi permanente sur les arènes, multipliant les visites dans les cantons, assistant aux combats, partageant des instants de communion avec les populations, et écoutant les voix des anciens comme des jeunes.
Ministres, préfets, chefs traditionnels, institutions publiques comme la DGDN, l’AGPC, mais aussi des partenaires techniques et ONG de terrain ont contribué à enrichir les festivités de sensibilisations, ateliers éducatifs, expositions, concerts, foires artisanales et culinaires.
Des scores et des symboles
Les demi-finales très disputées à Tchitchao ont vu la coalition Kigbèling-Hazé-Lohou l’emporter face à Bou-Fatou, sur un score net de 30 à 17. Dans les cantons de Kouméa, Lama, Landa, les finales ont laissé place à une intensité palpable, preuve que la tradition n’a rien perdu de sa vitalité.
Une économie culturelle et touristique en plein essor
Evala 2025 a également été un levier de développement local. Les stands de produits artisanaux, les spectacles folkloriques, la valorisation de la gastronomie kabyè autour du fonio, du mil, et de la pâte de maïs ont permis un afflux de visiteurs venus de tout le pays et de la diaspora. L’occasion pour Kara de rayonner comme capitale culturelle du Togo le mois de Juillet.
Evala 2025, cette fête nous rappelle que la transmission, la communauté, la force intérieure, et le lien aux ancêtres sont des ressources puissantes. Elle enseigne que l’avenir n’est solide que si l’on honore ses racines.




