Figure emblématique de l’audiovisuel ouest-africain, Angela Aquereburu incarne le renouveau du paysage médiatique sur le continent. Réalisatrice, scénariste, productrice et aujourd’hui dirigeante de médias publics, cette franco-togolaise s’impose comme une voix forte en faveur de la création de contenus africains authentiques, modernes et accessibles.
Née en 1977, elle est titulaire d’un diplôme de l’ESCP Business School, Angela Aquereburu Rabatel débute sa carrière dans les ressources humaines. Mais très vite, elle décide de suivre sa passion pour l’écriture et la création. En 2009, elle cofonde à Lomé avec son époux Jean-Luc Rabatel, Yobo Studios, une société de production dédiée à la création de séries africaines innovantes. Son objectif est clair : raconter l’Afrique différemment, à travers des histoires locales, des personnages profonds et des problématiques contemporaines.
Angela Aquereburu se distingue par sa capacité à aborder des sujets sensibles avec justesse, tout en adoptant un style visuel de qualité. Parmi ses réalisations phares :
« Zem » (2009), une série humoristique sur les conducteurs de taxi-moto à Lomé, qui a marqué les débuts de Yobo Studios.
« Hospital IT » (2017), une série médicale inspirée de Grey’s Anatomy, qui traite de santé publique en Afrique (paludisme, VIH, dépigmentation), saluée à l’international et primée au Festival Vues d’Afrique à Montréal.
« Oasis » (2019), une série dramatique explorant les tensions sociales et familiales à travers une narration fine et une production soignée.
« Les Maternelles d’Afrique« , une émission dédiée aux femmes et mères africaines, traitant de sujets tels que la maternité, la polygamie ou encore l’éducation des enfants.
En février 2025, Angela Aquereburu est nommée Directrice générale de la Société de Radio et Télévision du Bénin (SRTB), ainsi que Directrice de la télévision nationale béninoise. Cette double nomination témoigne de la reconnaissance de son expertise, mais aussi de sa volonté de transformer le service public audiovisuel africain, en le rendant plus inclusif, plus professionnel et plus en phase avec les attentes du public.
Surnommée par certains la « Shonda Rhimes togolaise« , Angela Aquereburu milite pour l’indépendance des productions audiovisuelles africaines. Elle déplore le manque de financements pour les talents locaux, tout en appelant à une plus grande solidarité entre les professionnels du secteur à travers le continent.
À travers son parcours, Angela Aquereburu démontre que l’Afrique peut non seulement raconter ses propres histoires, mais aussi les faire rayonner sur la scène internationale.

